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94 Les Spectacles de la Foire.
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paffant, pour fe juflifier dc l'imputation calomnieufe que les fieurs Gaillard et Dorfeuille leur ont faite d'élever des conteftations, que ce font eux-mêmes qui ont employé les premiers les fecours des tribunaux. Cette demande des fieurs Gaillard et Dorfeuille étoit abfolument inutile. Pourquoi demander l'inventaire et Ia jouiffance provifoire de tout ce qui fervoit à l'exploitation du fpectacle des fupplians puifqu'à cc moment et dès le 7 du mème mois ils. s'étoient mis en potTeffion de la falle des Élèves de l'Opéra qui étoit le magafin des trois falles et qu'ils avoient fait menacer les fupplians de prifon s'ils paroiffoient ? N'étoit-ce pas une véritable dérifion ? A quoi pouvoit fervir cet inventaire s'il n'étoit pas accompagné d'une prifée ? Et qui pouvoit faire cette prifée fi ce n'eft les gens de l'art chacun dans leur partie? Le fuppliant et fés affociés n'ayant pas jugé à propos de comparoître, fen-tence eft intervenue le 11 qui, au principal, renvoya les parties à l'audience ct, fur le provifoire, adjuge aux fieurs Gaillard et Dorfeuille leurs conclurions. Les fieurs Gaillard et Dorfeuille ne purent faire fignifïcr cette fentence que le u fort tard et donnèrent en même tems affignation au 12 pour étre préfens à l'état ordonné. Mais la falle fut ouverte pour le public le 11 à 4 heures. Les repréfentations furent faites cc jour; ainfi, quand les fieurs Gaillard et Dorfeuille n'auroient pas été en potTeffion à cette époque, ce qui eft impolTiblc puifqu'il falloit qu'ils préparaffent les pièces, les décorations et les acteurs, il eft bien certain qu'ils avoient mis la main fur le magafin du fuppliant et de fés alTociës et fur tout ce qu'il contenoit avant que l'inventaire ordonné , pût être commencé. Le fuppliant auroit pu, fans doute, trouver dans les formes et dans les tribunaux fupérieurs des moyens certains d'arrêter l'exécution de la fentence du fieur Lieutenant général de police et d'empêcher les fieurs Gaillard et Dorfeuille dc fe fervir de ce qui lui appartenoit, mais les voies de forme ct de droit auroient empêché ou retardé l'ouverture du fpectacle à 5 heures, le fuppliant fe feroit rendu réprëhenfible envers le public ct le magiftrat chargé de la police; on l'avoit d'ailleurs menacé de prifon luf et fés affociés. JLe parti qu'il devoit prendre étoit Ie Alencé; mais le fanctuaire de la juftice étoit ouvert à leurs réclamations ; ils pouvoient y déférer la conduite des fieurs Gaillard et Dorfeuille et former contre eux toutes fortes de demandes : il n'eft permis à perfonne de s'emparer du bien d'aùtrui. Les créanciers du fpectacle commençoient à pourfuivre le fuppliant et fés affociés. M° Bigot de la Boiffière, procureur au Parlement, les avoit fait affigner au Parlement le 6 octobre, le fleur Duchefne leur avoit donné affignation au Châtelet le 7 et les fieurs Gaillard et Dorfeuille avoient faifi le tribunal de la police le 8. Déférés à la fois dans trois- tribunaux différens pour des conteftations qui dérivoient de la même fourcé, le fuppliant, défendeur originaire au Parlement, crut devoir y porter la demande'en garantie qu'il avoit droit de former contre les fieurs Gaillard et Dorfeuille. ll préfenta fa requête au Parlement et il y prit contre les fieurs Gaillard et Dorfeuille et contre Mc Bigot de Ia Boiflière, des conclurions qu'il feroit trop long de rapporter ici. Elles tendoient à faire'garantir le fuppliant et fés
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